Au Sénégal, le village de Ndouff renait de ses cendres

En Novembre 2019, le Gouvernement du Sénégal et son partenaire Replica, StartNetwork, ont été qualifiés pour le paiement de l’assurance ARC suite aux conditions de sécheresse qui ont prévalu pendant la saison agricole. Un montant total de 23,1 millions USD a été décaissé par ARC Ltd, la filiale financière du Groupe African Risk Capacity, en faveur du Gouvernement du Sénégal (12,5 millions USD) et de StartNetwork (10,6 millions).
Aujourd’hui, c’est en compagnie de StartNetwork qu’une équipe de ARC a fait route jusqu’au village de Ndouff, à 70 kms de Dakar, la capitale Sénégalaise, pour échanger avec la communauté sur l’impact du décaissement dans leur vie.

Il est midi. Les rayons de soleil percent les nuages. La chaleur presque étouffante nous rappelle que nous sommes en plein hivernage. Ndouff est un village comme il en existe beaucoup au Sénégal. Les cris des enfants qui jouent dans les ruelles sableuses contrastent avec le calme qu’affichent les visages des anciens du village réunis sur la place publique.

Les enfants en train de jouer dans les ruelles sableuses. ARC/Simon Pierre Diouf

Ce village typique du Sénégal est situé dans la région de Thiès. Sa population s’adonne majoritairement à l’agricuture pluviale et cultive principalement le mil, le mais et le haricot. Elle dépend également de la fréquence des pluies pour avoir une bonne récolte. Une partie de celle-ci est utilisée pour nourrir les familles et l’autre partie est revendue dans les marchés.

Il y a de cela un an, la situation de ce village était très compliquée. En raison de la mauvaise saison agricole 2019/2020, les populations de Ndouff se sont retrouvées en situation d’insécurité alimentaire. Les conditions climatiques extrêmes avaient fini par enfermer les populations dans une très grande misère, les obligeants à survivre avec les maigres ressources à leur disposition. La pandémie de la COVID-19 qui sévit depuis ce début d’année vient éxacerber les difficultés déjà existantes des communautés.

Néanmoins, grâce au décaissement de l’ARC, StartNetwork, en collaboration avec son partenaire PLAN International, a pu venir en aide aux populations vulnérables. À Ndouff comme dans plusieurs villages du Sénégal, plus de 350,000 personnes ont bénéficié de distributions de vivres, de transferts monétaires et de compléments nutritifs pour les enfants de moins de cinq ans ainsi que les femmes enceintes et allaitantes.

Ndella Ndiaye et sa fille Fatou Thiaw. ARC/Simon Pierre Diouf

Le sourire aux lèvres, cette maman de deux enfants, Ndeye Yama Thiaw (6 ans) et Fatou Thiaw (1 an), nous accueille dans sa maison. Nous voyons tout de suite sur son visage qu’elle est très heureuse de nous présenter sa fille Fatou qui a bénéficié d’une alimentation complémentaire composée de farine enrichie.

« Cette farine a changé ma vie et celle de mon enfant. Avec les 3 kg de farine enrichie que j’ai reçu, j’ai pu faire régulièrement à manger à ma fille, ce qui n’était pas le cas auparavant. Il y a de cela quelques mois elle pesait à peine 7 kg mais après avoir mangé la bouillie faite à base de farine, elle pèse maintenant 8 kg, » nous informe Ndella.

« Depuis que ma fille consomme la bouillie que je prépare, j’ai également remarqué qu’elle grandit vite et elle est beaucoup plus joyeuse qu’avant, » ajoute-t-elle.

Ndella a dorénavant plus de temps pour s’occuper d’elle-même et vaquer à ses occupations domestiques. Elle ne vit plus sous la peur constante de voir son enfant tomber gravement malade.

Ndella Ndiaye en train de laver son linge. ARC/Simon Pierre Diouf

« Quand je vois ma petite fille, je suis rassurée et heureuse qu’elle soit en bonne santé. Je peux maintenant prendre soin de moi-même, ce qui était très difficile il y a quelques mois. Notre vie a vraiment changé, » conclut-elle.

Mame Diarra Sène et son fils Serigne Fallou Diouf. ARC/Simon Pierre Diouf

Mame Diarra est la voisine de Ndella. Mariée et mère de 2 enfants, Mame Diarra Diouf (6 ans) et Serigne Fallou Diouf (1 an), Mame est actuellement enceinte de son troisième enfant.

Elle fait partie des mères allaitantes qui ont reçu de la farine enrichie destinée à favoriser la croissance et le développement des enfants de moins de 5 ans.

S’affairant a décortiquer le haricot récolté des champs, elle déclare : « Quand je n’avais pas la farine, je faisais de la bouillie à base de mil et de lait en poudre. C’était bien mais je ne voyais pas une différence dans la santé de mon fils. Maintenant qu’il mange la bouillie à base de farine enrichie, son poids est passé de 7 kg à 8 kg 500, en si peu de temps. »

Mame Diarra Sène en train de décortiquer le haricot. ARC/Simon Pierre Diouf

En plus de l’état de santé amélioré de son fils, c’est toute une famille qui est à présent soulagée.

« Mon époux est vraiment reconnaissant pour cette aide que nous avons reçue. Nous n’avons plus beaucoup d’ordonnances à payer car l’état de santé de notre enfant s’est nettement amelioré. Nous pouvons maintenant économiser l’argent que nous dépensions pour le soigner et cela nous aide à mieux préparer notre avenir, » déclare Mame Diarra, les yeux pleins d’espoir.

Ousmane Gning. ARC/Simon Pierre Diouf

Assis sur sa natte rouge, Ousmane tient un chapelet entre ses mains. L’air grave, il nous reçoit et nous installe sur les chaises disposées autour de lui.

Polygame et père de plusieurs enfants, Ousmane a beaucoup de responsabilités et doit subvenir aux besoins de sa famille. Cette année, il a bénéficié en deux versements des transferts monétaires destinés aux populations vulnérables de Ndouff.

« Quand nous avons reçu l’argent, j’ai utilisé une partie pour acheter du riz, de l’huile et assurer la dépense quotidienne. L’autre partie je l’ai utilisé pour payer les dettes que nous avions, » nous dit Ousmane.

« Les récoltes n’étaient vraiment pas bonnes l’année dernière et nous n’avons pas vendu grand-chose dans les marchés. Nos poches étaient vides et nous n’avions pas beaucoup d’espoir pour l’avenir, » déclare Ousmane, le regard lointain.

Ousmane Gning et sa famille. ARC/Simon Pierre Diouf

« Maintenant, notre situation s’est vraiment améliorée. Je suis heureux de voir que les sourires sont revenus sur les visages de ma famille. Nous avons pu affronter la période de soudure et avoir assez de force physique pour faire les travaux champêtres, » conclut-il.

Ngoné Sène. ARC/Simon Pierre Diouf

Entourée par ses cinq petites-filles, le visage illuminé par un sourire radieux, Ngoné nous accueille chez elle. Habillée d’une grande robe et d’un foulard orange qu’elle ajuste de temps en temps sur sa tête, elle nous raconte comment l’argent qu’elle a reçu a aidé sa famille.

« En plus de la mauvaise récolte de l’année dernière, la maladie (COVID-19) a été très difficile à supporter pour ma famille. Nous n’avions plus d’argent pour nourrir tous les membres de la famille et cela me rendait très triste et désespérée, » nous dit Ngoné, la voix pleine d’émotions.

En effet, durant la pandémie, tous ses enfants ont quitté Dakar pour rentrer au village car il n’y avait plus de travail pour eux à la capitale. C’est grâce à l’aide que Ngoné a reçu que la famille a pu subvenir à ses besoins en cette période difficile.

« Avec l’aide reçue, nous avons pu régler beaucoup de problèmes. Nous avons acheté du riz, de l’huile, du savon et du sucre. Ma plus grande joie c’était de voir le soulagement sur le visage de mes enfants et de mes petites-filles, » ajoute-t-elle.

Assis sur une chaise, à côté de sa femme et de ses petites-filles, le mari de Ngoné, Cheikh Diouf, 75 ans, écoute attentivement la discussion.

Cheikh Diouf en compagnie de son épouse et de leurs petites-filles. ARC/Simon Pierre Diouf

« Je suis très fier de mon épouse. Je lui fais entièrement confiance parce que je sais qu’elle va bien gérer cet argent. C’est grâce à elle si notre famille a pu surmonter cette situation difficile, » nous dit-il, avec beaucoup d’enthousiasme.

Avec l’appui du Royaume-Uni, de l’Allemagne, de la Suède, de la Suisse, du Canada, de la France, de la Fondation Rockefeller et des États-Unis, le Groupe African Risk Capacity (ARC), mutuelle panafricaine de gestion des risques, aide les États membres de l’Union africaine à réduire les risques de pertes et de dommages causés par les évènements météorologiques extrêmes affectant les populations africaines en apportant, à travers une assurance souveraine des risques de catastrophe, des réponses ciblées aux catastrophes naturelles de manière plus opportune, économique, objective et transparente.

Depuis 2014, à ce jour 62 contrats d’assurance ont été signés par les États membres représentant 101.7 millions USD de primes versées pour une couverture d’assurance totale de 722 millions USD en vue de la protection de 72 millions de personnes vulnérables dans les pays participants.

Specialized agency of the African Union providing comprehensive sovereign disaster risk solutions to build capacity, climate resilience & food security.

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